En fouinant sur google.ch, je viens de dénicher le résumé de la première étude nationale sur les relations publiques publiée en octobre 2003. Son résultat est édifiant et démontre l'énorme travail de fond qu'il reste à faire en Suisse et en Romandie afin de professionnaliser la communication d'entreprise, particulièrement au sein des PME. Cette étude démontre l'importance du travail de sensibillisation effectué par les différentes associations professionnelles concernées. La Société Romande de Relations Publiques n'est pas en reste et développera un programme d'ateliers destinés aux entrepreneurs durant ces prochains mois. Je publie ci-joint l'intégralité du communiqué résumant cette étude ainsi que son lien et les références du livre publié à l'époque.Berne, le 22 octobre 2003
Première étude nationale sur les relations publiques: Les relations publiques, un domaine où les profanes dominent
En Suisse, les relations publiques sont assurées pour l'essentiel par des profanes. Il s'agit d'une branche où les personnes au bénéfice d'une formation professionnelle ou continue sont peu nombreuses. C'est ce que montre une étude menée par l'Institut des sciences de la communication et des médias (IPMZ) de l'Université de Zurich. Ce projet de recherche fait partie du Programme prioritaire «Demain la Suisse» du Fonds national suisse.
Les relations publiques prennent toujours plus d'importance, mais peu de recherches ont été consacrées à ce milieu professionnel. Ulrike Röttger, Jochen Hoffmann et Otfried Jarren, de l'Institut des sciences de la communication et des médias (IPMZ) de l'Université de Zurich, ont été les premiers au monde à étudier de telles structures sur un plan national. Ces chercheurs ont notamment pu établir que ce sont avant tout des profanes qui oeuvrent dans le créneau des relations publiques. Ce projet de recherche fait partie du Programme prioritaire «Demain la Suisse» du Fonds national suisse. L'étude vient d'être publiée sous la forme d'un ouvrage.
Les responsables en relations publiques d'environ 1000 organisations (entreprises, organisations à but non lucratif, administration et agences de relations publiques) ont été interrogés pour les besoins de cette étude empirique intitulée «Les relations publiques en Suisse». Comme ces personnes ont une conscience plus ou moins claire de leurs tâches au sein de leur organisation respective, les auteurs de l'étude ont établi une distinction entre experts en relations publiques et mandataires.
Les experts consacrent une importante partie de leur temps de travail aux relations publiques; dans la plupart des cas, leur titre fait référence à leur mandat de communication. La situation est différentes chez les mandataires. La plupart d'entre eux assument également d'autres tâches au sein de l'organisation, le plus souvent au niveau de la direction, et gèrent les relations publiques en parallèle.
Selon cette catégorisation, seul un tiers des responsables en relation publiques peuvent être qualifiés d'experts. Cette proportion varie cependant selon le type d'organisation. Ainsi, les experts en relations publiques sont nettement plus nombreux au sein des entreprises et de l'administration que dans les organisations à but non lucratif.
Peu d'autonomie
En plus de n'assumer les relations publiques qu'à temps partiel, les responsables sont rarement formés pour cette tâche. Quatre mandataires sur cinq n'ont jamais travaillé dans ce domaine par le passé. De plus, alors que 70% des experts ont tout de même suivi une formation professionnelle ou continue, cette proportion chez les mandataire atteint à peine 36%. «Ces résultats montrent que ce sont avant tout des profanes qui forgent l'image qu'une entreprise ou qu'une organisation se donne envers l'extérieur», commente Ulrike Röttger.
Les profanes en relations publiques sont par ailleurs rarement organisés en associations professionnelles; en matière d'éthique, ils connaissent à peine les lignes directrices de leur corps de métier. «Ils agissent en fonction de leurs propres normes, de leur propre éthique professionnelle, souligne Otfried Jarren. Ils sont très clairement l'obligé de leur commanditaire.»
Il est peu probable que cette donne change, même s'il serait souhaitable que les chargés de relations publiques gagnent une certaine autonomie. Le fait qu'il existe des définitions très différentes du métier indique également qu'il n'existe pas de conception commune pour caractériser cette profession.
Un nouveau métier de femmes?
A l'interne, également, la fonction et l'importance des relations publiques restent souvent peu claires. Tout ce qui touche à la limite entre publicité et marketing semble poser problème. Mais chacun s'accorde sur ce qui constitue la tâche principale des relations publiques: le travail avec les médias. A cet effet, les entreprises vont chercher le plus souvent des personnes qui ont déjà travaillé auparavant dans des entreprises, surtout des économistes, mais aussi des diplômés en sciences humaines et en sciences sociales.
Pour le travail de relations publiques dans l'administration, une expérience dans la fonction publique a la même valeur que des connaissances journalistiques. Environ un tiers des chargés de relations publiques ont déjà travaillé dans l'administration. Celle-ci recrute aussi d'anciens journalistes dans la même proportion.
Quant à la répartition entre les sexes, elle est à peu près égale lorsqu'on considère l'ensemble des niveaux hiérarchiques. Mais deux tiers des postes directeurs en relations publiques sont occupés par des hommes. En d'autres termes, les femmes sont sous-représentés au niveau de la direction par rapport à leur quote-part générale.
Une analyse des salaires montre par ailleurs que les femmes responsables des relations publiques gagnent en moyenne moins que leurs collègues masculins. C'est précisément pour cette raison qu'Ulrike Röttger refuse de qualifier les relations publiques de nouveau métier de femmes: «Un métier de femmes, selon moi, c'est une profession où les femmes dominent à tous les échelons, explique-t-elle. Dans les relations publiques, elles sont plus nombreuses seulement au niveau des collaboratrices et collaborateurs, alors que, pour une raison ou une autre, elles semblent avoir de la difficulté, comme ailleurs, à grimper dans la hiérarchie.»
A ce sujet
Publication: www.uvk.de
Ulrike Röttger, Jochen Hoffmann, Otfried Jarren : "Public Relations in der Schweiz - Eine empirische Studie zum Berufsfeld Öffentlichkeitsarbeit." L'ouvrage est paru uniquement en allemand: Forschungsfeld Kommunikation 16, UVK Verlagsgesellschaft mbH, 2003; ISBN 3-89669-412-X ; CHF 56.-
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Prof. Dr. Ulrike Röttger
Institut für Kommunikationswissenschaft der Westfälischen Wilhelms-Universität Münster
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e-mail: ulrike.roettger@uni-muenster.de
Prof. Otfried Jarren
IPMZ - Institut für Publizistikwissenschaft und Medienforschung
Universität Zürich
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