Plaidoyer de Peter Rothenbühler pour le droit à la différence de la presse romande
Peter Rothenbühler invite ses collégues alémaniques à mieux connaître les médias romands. Selon lui, il pourront en tirer des enseignements positifs. Il s'étonne que le "MAZ", la mecque allémanique de l'enseignement journalistique ne propose aucun titre romand dans sa palette quotidienne de titres proposée à ses étudiants. Mais il ne fait pas le pas de prétendre que la presse romande est meilleure que sa consoeur alémanique. Non. Mais elle est tout simplement différente.
Pourtant, les journalistes alémaniques disposent d'une formation, d'une orientation politique (plutôt rouge-verte) et s'habillent généralement de façon similaire. Tous deux poursuivent les mêmes ambitions (expliquer où va le monde) et travaillent autant (contrairement à certains vieux clichés) car les éditeurs romands sont plus avares en personnel que leurs collègues alémaniques (petitesse du marché francophone oblige). Si l'on travaille beaucoup en Suisse romande, les journalistes ne sacrifient pratiquement jamais la sacro-sainte pause de midi. C'est l'une des principales différence que relève le directeur éditorial adjoint du groupe Edipresse. Une autre différence relevée par Peter Rothenbühler réside dans l'absence de ressemblance, tant stylistique que dans la mise en page, entre presse française et presse romande.
D'après lui les éditeurs romands sont parvenus, depuis le sièce dernier, à développer un type totalement nouveau et unique de presse quotidienne. Cette presse mériterait même de devenir une AOC! Cette différence s'exprime surtout de façon extravertie. Sa mise en page est plus vivante, plus colorée si l'on compare les titres romands avec leurs pendants alémaniques. Et le rouge est dominant ( à l'exception du quotidien orange, dont le lifting historique représente l'oeuvre de P.R.
Et Rothenbühler d'analyser le rapport différents des médias romands avec l'autorité en place et les règles en vigueur. La Suisse romande reste le terrain privilégié ou l'on cause le plus souvent des droits et devoirs des journalistes et où l'on débat le plus suvent des limitations de la liberté de la presse et ou l'on sollicite le plus souvent l'autorité professionnelle suprème de la branche, le Conseil de la Presse, pour discipliner quelque collègue journaliste qui aurait publié un scoop auquel certain aurait renoncé, pour des raisons d'éthique. Et PR en connaît un bout sur la question lorsqu'il était rédacteur en chef du Matin.
Sa conclusion me laisse pourtant sur ma faim lorsqu'il prétend, sans développement, que la presse gratuite romande est meilleure que la presse gratuite alémanique et lorsqu'il fait gratuitement la publicité du Matin Bleu, meilleur journal que son concurrent de tamedia, le titre 20 minutes.
Dans tous les cas, c'est grâce à Peter Rothenbühler que les alémaniques s'intéressent aux médias romands. C'est l'un des rares journalistes à s'exprimer Outre-Sarine. A quand la relève?
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08 Décembre 2008 à 08:12 dans
- Edition

