Comment les managers manipulent les médias - à l'exemple du cas SIEMENS
Comme au théâtre, l'économie allemande dispose de souffleurs: les consultants en communication des principaux capitaines de son industrie. Chaque acteur du drame allemand dispose de son consultant attitré. Selon Capital, ces souffleurs au plus haut niveau sont les principaux responsables de la cacophonie résultante et de la débacle médiatique qui s'en est suivi. Parmi les outils utilisés: Désinformation, manipulation journalistitque par l'entremise d'experts, fuite documentaire, menace de couper la manne publicitaire auprès des éditeurs en cas de publication de nouvelle négative.
Selon Capital, les éditeurs allemands peinent de plus en plus à assurer un service journalistique de qualité. Les chiffres en recul de ce secteur économique se traduisent par des suppressions d'emploi et l'utilisation croissante de contenu non journalistique fourni par les services de presse des différentes institutions allemandes. Une raison suffisante pour plus d'un journaliste de désirer changer de camp afin rejoindre un employeur financièrement beaucoup plus généreux qu'un éditeur au sein d'un service de presse d'un acteur économique. Un tiers des 260 journalistes allemands sondés en 2004 par un institut universitaire allemand ont avoué avoir au moins une à deux fois vécu la censure de leur rédacteur en chef concernant une nouvelle non publiée contre leur volonté. 23% d'entre eux avouant que le motif de cette censure était d'ordre commercial - menace de suppression publicitaire oblige. La presse régionale et locale est la plus touchée par ces pratiques prodiguées par les plus grands noms de la grande distribution germanique. Et celui qui viendrait à briser le tabou risquerait de perdre son emploi. Mais ce dysfonctionnement des relations média ne touche malheureusement pas que l'Allemagne. Le dossier mentionne également quelques exemples anglo-saxons de même nature. La tendance au publi-rédactionnel contribue à rendre de plus en plus floues les frontières entre publicité et rédaction et contribue à diminuer la crédibilité tant journalistique qu'institutionnelle des différentes parties-prenantes.
Malheureusement ces pratiques déviantes semblent ne profiter ni aux uns ni aux autres puisqu'elle contribuent à diminuer la crédibilité des messages. Cette raison est suffisante pour encourager journalistes et relationnistes à faire preuve d'un esprit d'éthique mutuellement profitable à long terme et de ne pas succomber aux sirènes de la facilité. L'avenir de nos professions respectives en dépend!
Infos: http://www.manager-magazin.de/magazin/inhalt/0,2828,4141,00.html
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30 Mai 2007 à 14:22 dans
- Opinion

