Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Le blog de Mathieu Janin

Optimistes et fiers d'être Suisses, mais inquiets pour leur emploi

Depuis le tournant du millénaire, les Suisses n'avaient plus affiché pareille confiance en eux-mêmes et en leur pays. Le chômage reste pourtant leur première préoccupation, devant la prévoyance vieillesse et la santé. C'est ce que révèle le dernier baromètre des préoccupations publié par le Credit Suisse.Quels sont les principaux soucis des Suisses? Telle est la question à laquelle le Credit Suisse s'emploie à répondre en détail depuis plus de trente ans avec son baromètre annuel des préoccupations. Mandaté par la banque, l'institut de recherche gfs.bern a de nouveau interrogé plus de 1000 citoyens dans toutes les régions du pays au sujet de leurs préoccupations, mais aussi des forces et des faiblesses qu'ils attribuent à la Suisse.

Comme les années précédentes, le chômage, la prévoyance vieillesse et la santé arrivent en tête des préoccupations de la population, mais les valeurs sont moins élevées qu'il y a encore douze mois et l'éventail des problèmes s'est élargi. L'environnement et la sécurité personnelle gagnent en particulier du terrain (respectivement +18 et +17points par rapport à 2006). Mais les résultats de l'enquête montrent aussi que la population suisse fait preuve d'une confiance qui ne s'était plus vue depuis des années: 59% des personnes interrogées qualifient leur situation économique personnelle de «très bonne» ou de «bonne» (2006 : 54%) et 27% d'entre elles pensent que la situation économique générale va encore s'améliorer durant l'année à venir (10% en 2006).

Deux nouveaux thèmes: l'environnement et la sécurité personnelle
Malgré un faible taux de chômage (2,6% au moment de l'enquête, en août 2007), plus de 50% des Helvètes craignent pour leur emploi ou voient dans le chômage une menace pour la cohésion sociale (57%, contre 66% en 2006). Si les valeurs n'ont pas connu de progression significative chez les jeunes, elles ont nettement augmenté chez les personnes qui jugent leur situation économique mauvaise (77%) ou dont la formation scolaire est limitée (69%). A cela s'ajoutent de fortes disparités régionales: au Tessin, 70% des sondés ont mentionné le chômage comme première préoccupation, contre 50% en Suisse alémanique et en Suisse romande.

La prévoyance vieillesse et le système de santé occupent toujours les deuxième et troisième places, mais avec des valeurs plus faibles qu'en 2006. Le recul est respectivement de 6 et de 17 points pour la prévoyance vieillesse et la santé, avec des valeurs qui s'établissent désormais à 45% et à 38%. Dans ces deux domaines, l'amélioration de la situation économique rassure. De plus, le frein mis à l'explosion des coûts de la santé semble aussi avoir renforcé la confiance.

Figurant régulièrement en tête de classement, les inquiétudes liées aux «étrangers» (35%) et aux «réfugiés» (26%) occupent toujours des rangs élevés (4 et 6). Une nette progression a notamment été enregistrée dans les thématiques «sécurité personnelle» (de13% à 30%) et «environnement» (de 7% à 25%). A y regarder de plus près, l'image reste toutefois encore diffus dans ce dernier domaine.

L'environnement semble en effet être un sujet important pour beaucoup, et l'on pourrait donc s'attendre à ce que les personnes interrogées aient une conscience accrue des mesures à prendre ou qu'elles aient modifié leurs comportements. Néanmoins, seuls 9% des Suisses admettent par exemple faire eux-mêmes «beaucoup trop peu» pour l'écologie et 45% refusent catégoriquement de renoncer aux trajets inutiles en voiture.

Les préoccupations qui étaient déjà en recul lors des précédentes enquêtes voient aussi cette tendance se confirmer en 2007. C'est par exemple le cas des drogues, du terrorisme et de l'Union européenne. Jusqu'au milieu des années 1990, la politique en matière de drogue, par exemple, figurait systématiquement dans le haut du classement: alors que 76% des sondés y voyaient un problème majeur en 1994, ce pourcentage n'a plus dépassé 20% depuis 1999 et est même tombé à 10% cette année.

Confiance dans l'économie
La conjoncture favorable se reflète aussi dans les résultats de l'enquête 2007: par rapport à l'année précédente, les personnes interrogées sont presque deux fois plus nombreuses à juger leur situation économique «très bonne» (15%, contre 8%), alors que la part de celles qui considèrent leur situation comme «bonne» est restée pratiquement inchangée (44%). A l'autre bout de l'échelle, on trouve toujours 7% de personnes estimant que leur situation économique est «mauvaise» ou «très mauvaise». Quant à l'évaluation des perspectives personnelles pour l'année prochaine, elle n'a progressé que très légèrement: à peine un cinquième des sondés (19%) pense que la situation s'améliorera, alors que 4% d'entre eux (chiffre inchangé;) s'attendent à une dégradation.

Pour 32% des personnes interrogées, la situation économique générale s'est améliorée (2006: 9%), mais 8% sont d'un avis contraire (2006: 29%). L'optimisme prédomine aussi pour les douze mois à venir: 27% des sondés croient à une amélioration, alors que 11% craignent une dégradation; les autres pensent que rien ne changera ou n'ont pas répondu à la question.

Grande confiance dans les autorités et les banques
Par rapport à l'an dernier, la plupart des acteurs publics - tribunaux, parlement, administration, etc. - ont vu leur capital confiance augmenter ou rester inchangé à un niveau élevé. Le trio de tête est le suivant: le Tribunal fédéral, auquel 66% des sondés font confiance, la police (63%) et les banques (60%). La population se montre relativement critique envers l'Union européenne, les médias et les partis politiques: entre un quart et un tiers seulement des personnes interrogées déclarent faire confiance à ces acteurs (UE 26%, médias 32%, partis 34%).

86% des Suisses sont fiers de leur pays
L'enquête complémentaire «Identité suisse» révèle comment les sondés jugent les caractéristiques traditionnelles de la Suisse ainsi que ses forces et ses faiblesses. La sécurité, la neutralité, le paysage, la prospérité, la précision, la liberté, les Alpes ainsi que les banques et la propreté sont les principales qualités que la population associe à la Suisse. Une Suisse dont 43% des citoyens sont «très fiers» (2006: 21%) et 43% «plutôt fiers». Quant aux personnes qui ne se disent pas vraiment ou pas du tout fières de leur pays, elles ne sont plus que 12% (2006: 22%). Les différences selon l'orientation politique et les valeurs particulièrement élevées dans le camp bourgeois-conservateur n'ont bien sûr rien d'étonnant. Toutefois, même chez les personnes qui se situent plutôt à gauche de l'échiquier politique, ces valeurs sont un peu plus hautes qu'en 2006 («très fières»: de 18 à 24%). A cet égard, le contraste entre régions est frappant: 52% des Alémaniques sont très fiers d'être Suisses, contre 36% des Romands et seulement 18% des Tessinois. Les trois valeurs ont toutefois légèrement progressé en comparaison annuelle.

Interrogés sur les dix principaux points forts et points faibles du pays, les Suisses répondent en substance de la même façon que pour les caractéristiques politiques et économiques du pays. Les citoyens sont «fiers» avant tout de la neutralité (93%), de l'indépendance (91%), des droits populaires (88%), de la coexistence de plusieurs groupes linguistiques (86%) et de la Constitution fédérale (84%). Sur le plan économique, les sondés ont d'abord cité l'industrie horlogère (95%), la réputation mondiale de qualité, la force des marques suisses et la réussite des PME (93%), ainsi que l'industrie des machines (92%).

Une question était aussi consacrée aux menaces planant sur l'identité suisse. Les sondés ont mentionné l'immigration (71%), l'égoïsme (60%), le blocage des réformes (58%), l'ouverture internationale (56%) et la polarisation (54%).


Commentaires


Votre commentaires :

Votre commentaire s'affichera après validation du titulaire du blog



Smileys: :);):'(:(:P8):O:D